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Pas de sur-risque de MICI en lien avec les vaccination dans l'enfance (en savoir +)

Les facteurs environnementaux jouent un rôle important dans la survenue des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique). Le tabac et l'appendicectomie pour une appendicite sont les deux seuls facteurs clairement reconnus comme étant associés aux MICI. De nombreux autres facteurs sont suspectés sans pouvoir les incriminés avec certitude. C'est le cas des vaccinations dans l'enfance.

Depuis des publications historiques incriminant le vaccin de la rougeole dans le développement de la maladie de Crohn, l'ensemble des vaccinations pratiquées dans l'enfance ont été suspectées comme étant impliquées dans le développement des MICI soit par effet direct de ses composants bactériens ou viraux, soit par les adjuvants utilisés. Cette controverse est d'autant plus importante que la vaccination est une formidable avancée dans la lutte contre des infections graves pouvant survenir chez les enfants (rougeole, rubéole, tétanos, poliomyélite, ...).

Une synthèse de toutes les études effectuées dans ce domaine vient d’être réalisée, afin de répondre à cette question épineuse : est-ce que la vaccination chez l’enfant augmente le risque de développer une MICI ?

Dix études internationales ont été ainsi compilées, analysant 10 vaccins (BCG, diphtérie, tétanos, poliomyélite, variole, coqueluche, rougeole, rubéole, oreillons et le ROR) et portant sur un nombre très important de sujets (2399 patients ayant développés une MICI et 33747 sujets non atteintes) donnant une grande puissance à ce travail. Les résultats de cette étude ne montrent pas de lien de cause à effet entre la vaccination dans l'enfance et le risque de développer une MICI. Une analyse de sous-groupe a été réalisée spécifiquement pour la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique démontrant les mêmes résultats sauf pour le vaccin contre la poliomyélite pour lequel il existait un léger sur-risque de développer une MICI chez les patients vaccinés. Ce dernier résultat doit être analysé avec précaution sachant qu'une des trois études sur la poliomyélite ne distinguait pas les deux types de MICI et n'a pas été utilisée pour l'analyse de sous-groupe. Ce travail a également rapporté une étude montrant l'absence de risque de développer une MICI après la vaccination chez l’adulte contre la grippe H1N1.

Globalement, les résultats de cette étude sont rassurant, ne montrant pas de sur risque de développer une MICI chez les enfants vaccinés. Cette étude apporte une réponse intéressante à la controverse qui existe depuis plus de vingt ans suggérant de ne pas retenir les vaccinations dans l'enfance comme un facteur de risque des MICI.

Références

Guillaume Pineton de Chambrun, Luc Dauchet, Corinne Gower-Rousseau, Antoine Cortot, Jean-Frédéric Colombel, and Laurent Peyrin-Biroulet. Vaccination and Risk for Developing Inflammatory Bowel Disease: A Meta-Analysis of Case–Control and Cohort Studies. Clinical Gastroenterology and Hepatology 2015;13:1405–1415