Projets de recherche
Etudes de cohorte
Etude MAGIC (en savoir +)

L’hypothèse la plus communément admise est que la maladie de Crohn (MC) est liée à une dérégulation de la réaction immunitaire muqueuse vis-à-vis d’un microbiote intestinal déséquilibré (dysbiose) sous l’influence de facteurs environnementaux et génétiques. L’étude du microbiote intestinal comme cible antigénique et facteur d’inflammation chronique au cours des MICI suscite un intérêt grandissant. Plusieurs arguments génétiques, sérologiques, bactériologiques ainsi que les résultats obtenus dans certains modèles animaux, sont en faveur de cette hypothèse. La mise en évidence qu’une dysbiose entre des bactéries « délétères » et « bénéfiques » constitue un facteur prédictif de rechute après l’arrêt de certains traitements de la MC est un argument fort en faveur de cette hypothèse.

Objectif principal :

L'objectif principal de cette étude est la comparaison du microbiote intestinal des patients atteints de MC à celui de leurs apparentés sains au 1er degré ainsi qu’à celui de sujets témoins par une approche sans a priori de séquençage haut-débit.

Le critère principal de jugement sera le pourcentage de bactéries appartenant à la famille des Lachnospiraceae, qui constitue une part importante du phylum des Firmicutes.

Objectifs secondaires :

  • La recherche d’une association de la dysbiose bactérienne avec un profil génétique et sérologique particulier chez les patients atteints de MC et leurs apparentés sains ;
  • La quantification de bactéries à potentiel invasif (adherent-invasive E. coli, Shigella, Salmonella, Yersinia, Campylobacter, Candida albicans), et leur association avec un profil génétique et sérologique particulier chez les patients atteints de MC et leurs apparentés sains ;
  • Une étude spécifique sur le microbiote associé à la muqueuse sera réalisée à partir de biopsies et/ou pièces opératoires dans le cas ou le patient serait opéré dans l’année suivant l’inclusion ; dans le même contexte une étude spécifique sera réalisée à partir des biopsies chez les apparentés sains nécessitant, quel qu’en soit le motif, une coloscopie (voire une résection intestinale) ;
  • Une étude des facteurs de risque environnementaux au moyen d’un questionnaire qui sera soumis aux patients atteints de MC, aux apparentés sains et aux témoins lors de l’inclusion.

Résultats attendus :

Cette étude permettra une caractérisation fine, par séquençage haut-débit de l’ADN bactérien, de la dysbiose du microbiote intestinal et la mise en évidence d’une éventuelle association avec des profils génétiques et sérologiques particuliers chez les patients atteints de MC ainsi que chez leurs apparentés sains. Cette étude préalable est indispensable à la mise en place ultérieure d’un suivi prospectif d’une population à risque élevé de MC afin d’enregistrer les nouveaux cas de MC dont on aura pu ainsi suivre l’évolution du microbiote fécal dans la période précédant l’apparition de la MC. Ces résultats ouvriront des perspectives nouvelles concernant l’identification à un stade précoce et infra-clinique de sujets à risque élevé de MC et des approches interventionnelles visant à rééquilibrer le microbiote intestinal (probiotiques, prébiotiques…) afin de modifier l’évolution de la maladie, voire de prévenir son apparition.

Financement :

  • PHRC National